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Album Parce que tout n’a pas été dit — Benjamin AIR
Parce que tout n’a pas été dit, douze chansons écrites et composées par Benjamin AIR.

Parce que tout n’a pas été dit
Les 12 chansons
Pour faire parler de moi

Pour faire parler de moi
Je m’inventerais cent familles
Sous vos yeux qui scintillent
Je serais sage comme un boa
J’écrirais sur ceux
Que je ne connais pas
J’allumerais des feux
Où l’eau ne tombe pas
Pour faire parler de moi
Une particule et les menteurs
Ami de tous les rois
Statue de sel sans saveur
Pour faire parler de moi
Pour faire parler de moi
Quinze minutes de célébrité
Même préfabriquée
Je pense que je méritais ça
Quinze minutes, en réalité
Peut-être que je méritais
Mieux que moi ?
Pour faire parler de moi
Faux naufragé, vrai pathétique
Aventurier de cirque
« Love Coach » sur une chaîne de soda
J’étalerais mes nuits
Fesses aux caméras
Je louerais ma fille
À plus riche que moi
Pour faire parler de moi
Je chanterais n’importe quoi
Pour éviter l’oubli
Potiche dans une Garden Party
Pour faire parler de moi
Pour faire parler de moi
Quinze minutes de célébrité
Même préfabriquée
Je pense que je méritais ça
Quinze minutes, en réalité
Peut-être que je méritais
Mieux que moi ?
Il avait vu juste, le bon vieil Andy
Car intoxiqué à la télébidon
Ces quinze minutes n’auraient jamais suffi
Bien trop irradié de nocives émissions
Pour faire parler de moi
Ce soir, en exclusivité
Mon livre racontera
Comment je l’ai tuée
Pour faire parler de moi
Pour faire parler de moi
Texte : Benjamin AIR
Un autre train qui part

Un autre train qui part
Sans un regard jeté en arrière
Il grince sur le rail fier
L’horizon l’appelle comme un trou noir
Un autre train qui part
N’écoute pas les adieux sur le quai
Il embarque au hasard
Les âmes perdues qui errent sans billet
Les trains de nulle part
Glissent de vie à trépas
Ce train vers nulle part
Je ne le prendrai pas
Cette ville est mon pays
Cette gare est mon abri
Ce banc est mon ami
Depuis…
Un autre train qui part
Je me revois le cœur plein d’espoir
Les flammes, les ambulances
Ton souffle discret puis le silence
Les trains de nulle part
Laissent Adam sans Ève
Ce train vers nulle part
Ne fera jamais grève
Cette ville est mon pays
Cette gare est mon abri
Ce banc est mon ami
Depuis que tu es tombée… ici
Mauvais rêve ?
Je l’ai longtemps espéré
Mes mains implorant ta peau glacée
J’ai senti mon sang qui se fige, et j’ai su
Ce qu’ensemble, nous ne serions plus
Il y a des sommeils dont on ne se réveille jamais
Pourtant, je sais que je te reverrai
Un autre train qui part
M’attire comme un phare en pleine nuit
Je vais pouvoir m’évader
Enfin, de mon corps indécis
Texte : Benjamin AIR
Et elle s’ennuie

Quand l’amour s’endort
Il est temps de se réveiller
Ne pas s’enfuir et tout changer
Redonner des couleurs au décor
Elle ne pensait pas
Vivre un seul jour loin de ses bras
Seule dans son lit beaucoup trop grand
Plus rien ne sera comme avant
Et elle s’ennuie
Et elle s’ennuie
Et elle s’ennuie sans lui
Qui disait : « Est-ce que tu m’aimes encore ?
Combattras-tu ceux qui voudront ma mort ?
Pour ton sourire
Je trouverai la force de te bâtir un autre empire. »
Personne autour d’elle
Ne lui dira qu’elle a eu tort
Elle est partie, comme on s’envole
Avec ses rêves et ses remords
Et elle s’ennuie
Et elle s’ennuie
Et elle s’ennuie sans lui
Qui disait : « Est-ce que tu m’aimes encore ?
Combattras-tu ceux qui voudront ma mort ?
Pour ton sourire
Je trouverai la force de te bâtir un autre empire. »
Les mots qui font mal
Arrivent souvent sans prévenir
On se dispute, viennent les insultes
Mais l’amour vrai ne peut mourir
Et il s’ennuie
Et il s’ennuie
Et il s’ennuie aussi
Texte : Benjamin AIR
Les amours virtuelles

C’est un pseudo sans visage, sur un écran
Choisi au hasard d’un voyage, évidemment
Quelques chiffres, des croix dans des cases
Pour résumer toute une vie de trente ans
Quelques mots sur une page, tout simplement.
Amours virtuelles,
Entre toi et moi ?
Amours virtuelles ?
Et pourquoi pas… au-delà ?
Dire ne rien chercher, mais secrètement espérer
Échanger ses vies au détour d’un blanc clavier
Ici chacun a son parcours :
Célibattante ou Célibattus
Ses cicatrices, ses rêves brisés, ses ex-amours.
Amours virtuelles,
Entre toi et moi ?
Amours virtuelles ?
Et pourquoi pas… au-delà ?
Des heures pendus au téléphone, on n’en dort plus la nuit
En écoutant cet autre dont on picore la vie
On est sourd, on y croit, on oublie
Déjà complices sans même se connaître
Faites que cette fois, en toi, je puisse renaître.
Amours virtuelles,
Entre toi et moi ?
Amours virtuelles ?
Et pourquoi pas… au-delà ?
Elle est bien là, je la vois
Elle me reconnaît d’un sourire.
Vous pouvez tout imaginer ou ne pas me croire
Ça, c’est une autre histoire
Que je garde pour moi…
Amours virtuelles,
Entre toi et moi ?
Amours virtuelles ?
Et pourquoi pas… au-delà ?
Texte : Benjamin AIR
Paris Perdu

Toi, tu as une montre
Mais moi j’ai le temps, pour mes enfants
Moi, je vis loin des ombres
Porté par le vent des océans
Deux millions d’hommes en file indienne
S’entassent dans des rames trop pleines
Je plane un peu au-dessus du lot
Tout paraît si clair vu d’en haut
Paris Perdu ? Paris Perdu ?
La rive gauche perdue de vue
Balayés les chanteurs des rues ?
Dialogue de sourds à un carrefour
Dites-moi après quoi ils courent ?
Paris Perdu ? Paris Perdu ?
Toi, tu as une montre
Mais moi j’ai le temps, pour mes enfants
Moi, je vis loin des ombres
Porté par le vent des océans
Ont-ils semé leurs illusions
Sous le teint blafard des néons ?
J’ai déserté cette branche
Où le gris prenait sa revanche
Paris Perdu ? Paris Perdu ?
Toi, tu as une montre
Mais moi j’ai le temps, pour mes enfants
Moi, je vis loin des ombres
Porté par le vent des océans
Je n’étais qu’un oiseau posé sur le béton
D’une ville qui ne tourne plus rond
Passages privés, visages fermés
Notre devise a coulé
Toi, tu as une montre
Mais moi j’ai le temps, pour mes enfants
Moi, je vis loin des ombres
Porté par le vent des océans
Texte : Benjamin AIR
Comme une évidence

Comme une évidence
On lit la belle histoire d’avance
Et l’on recommence
À croire en nous, en notre chance
On se connaissait
Bien avant de se rencontrer
Sans premier verre ou dernière danse
Comme une évidence
Je vous attendais, oh je vous espérais
Même nos différences nous ressemblaient
Vous avez défait mon armure
Pour y placer votre amour le plus dur
Joli hasard, belle romance
Comme une évidence
Une lumière intense
Frappa nos âmes avec violence
Et puis balaya
Tous nos repères avec fracas
Jaillirent dans nos têtes
Comme dans un drame écrit d’avance
Des mots dorés sans qu’on les pense
Promesses transparentes
Je vous attendais, oh je vous espérais
Même nos différences nous ressemblaient
Vous avez défait mon armure
Pour y placer votre amour le plus dur
Joli hasard, belle romance
Comme une évidence
J’étais d’hier, et vous, de bien plus loin
Otage d’un passé non décomposé
Vous ne croyiez plus en vous
Vous ne vouliez pas croire en nous
Il était une fois… plus aucun lendemain
On compte les plaies
Les mots trop hauts pour être vrais
Quand se meurent les contes de fées
Je vous attendais, oh je vous espérais
Même nos différences nous ressemblaient
Vous avez défait mon armure
Pour y placer votre amour le plus dur
Joli hasard, belle romance
Comme une évidence
Vous aurez beau dresser un mur de silence entre nous
Vous enfuir avec d’autres, rechercher mon absence
Partout je resterai en vous
Comme une évidence
Texte : Benjamin AIR
Droit devant

Tu leur dis que tu as bien le temps d’y penser
Eux te disent qu’il faudrait peut-être te bouger
Tu veux juste te poser sous un diplôme encadré
Ecouter ta jeune majorité t’apprendre à exister.
Un bowling, une danse, un regard
Une histoire d’amour ou d’un soir.
Le permis dans une boite à gants,
La belle vie nous attend, droit devant.
De stagiaire en galère, tu surnages
N’as-tu pas le droit d’hésiter ?
Tous récitent fièrement qu’à ton âge !
Depuis, la terre a bien tourné…
Souvenirs rangés en haut d’un placard
Un pétard avant ton tout premier costard
La cravate étranglera certainement tes idées
Et tes envies se fanent au son du loyer
Un bowling, une danse, un regard
Une histoire d’amour ou d’un soir.
Le permis dans une boite à gants,
La belle vie nous attend, droit devant.
Les années passent et t’ouvrent les yeux
Reste un arrière-goût d’incompris
Programmé pour taire tous tes cris ?
Numéro perdu en salle d’attente ?
Et on s’en va
Le jour où plus aucun mur ne nous retient
Libre avec soi
Clochard à Belleville ?
Grand anonyme humaniste à Libreville ?
On se ressemble, on se retrouve enfin
Quand on est loin de toutes ces voix
Un bowling, une danse, un regard
Une histoire d’amour ou d’un soir.
Le permis dans une boite à gants,
La belle vie nous attend, droit devant.
Et dites-leur bien :
« J’ai besoin de rien »
Dites-leur bien :
« Je trace mon chemin.»
Texte : Benjamin AIR
Un sixième sens

J’ai vu ceux qui parlent aux étoiles
Et ceux qui font les clones
Puis, si ça vous paraît normal,
J’ai déchiffré des lettres, des runes,
Appris le morse un soir d’été.
Seul un dialecte m’a résisté.
Pour te comprendre il me faudrait
Un sixième sens
Pour bien entendre à quoi tu penses
Un sixième sens
J’ai cueilli les mots les plus beaux
En rêve à chaque fois
Tour de Babel, casse-tête chez moi,
Plus qu’un diamant zéro défaut
Qu’on ne pourra jamais percer,
Tu es l’énigme inespérée
Pour te comprendre il me faudrait
Un sixième sens
Pour bien entendre à quoi tu penses
Un sixième sens
Tant de femmes, autant de secrets
Qui font languir les hommes
Depuis qu’elle a croqué la pomme
On s’extasie dans ses filets
Comme une mouche hypnotisée
Par un sourire à décoder
Pour te comprendre il me faudrait
Un sixième sens
Pour bien entendre à quoi tu penses
Un sixième sens
Avec tes airs de formulaires
Un sixième sens
De pyramides aux grands mystères
Un sixième sens
Si ton langage est un voyage
Un sixième sens
Je me joindrai à l’équipage
Du sixième sens
Texte : Benjamin AIR
Boîte à musique

Qui est ce visage
Qui m’observe et qui m’imite ?
Caché au fond d’un miroir,
Ne suis-je qu’un reflet sans histoire ?
Où sont mes secrets ?
Quel dieu a gommé ces années ?
Seul au milieu des objets,
J’essaie de me retrouver.
Dis-moi qui j’étais ?
Si j’ai aimé ?
Combien de temps ?
Si elle souriait ?
Rien qu’une petite boîte à musique
Sous une ballerine un peu magique.
Ai-je eu des enfants ?
Des illusions ?
Des déceptions ?
Des rêves en blanc ?
J’entends valser et se confier
Les douces notes d’une vie oubliée.
Flocons de lumière
Aux parfums d’autrefois.
Tableaux d’autre moi
Dans une galerie sans guide.
Qui a dessiné
Ces cicatrices qui zèbrent ma peau ?
Coups de folie ? De couteau ?
Morsures d’une route que j’ai quittée ?
Dis-moi qui j’étais ?
Si j’ai aimé ?
Combien de temps ?
Si elle souriait ?
Rien qu’une petite boîte à musique
Sous une ballerine un peu magique.
Ai-je eu des enfants ?
Des illusions ?
Des déceptions ?
Des rêves en blanc ?
J’entends valser et se confier
Les douces notes d’une vie oubliée.
Flocons de lumière
Aux parfums d’autrefois.
Tableaux d’autres moi
Dans une galerie sans guide.
Dis-moi qui j’étais ?
Si j’ai aimé ?
Combien de temps ?
Si elle souriait ?
Rien qu’une petite boîte à musique
Sous une ballerine un peu magique.
Ai-je eu des enfants ?
Des illusions ?
Des déceptions ?
Des rêves en blanc ?
J’entends valser et se confier
Les douces notes d’une vie oubliée.
Flocons de lumière
Aux parfums d’autrefois.
Tableaux d’autres moi
Dans une galerie sans guide.
Texte : Benjamin AIR
Histoire d’eux

Balader sans projet
Déguster un café
À côté, un parfum
Hésiter, jolies mains
Lui chanter l’avenir
Rigoler, et partir
Se revoir, aux chandelles
Qu’il est tard, qu’il est belle
C’est une histoire d’eux
Qui nous ressemble un peu
Deux étrangers familiers
Que les vents ont rapprochés
S’habiller, maquillage
S’embrasser, sans bagages
Lentement, oublier
Les regards étonnés
Regarder les sommets
Partager les mêmes clefs
La mairie, un lundi
Tant de bruits pour un « oui »
C’est une histoire d’eux
Qui nous ressemble un peu
Deux étrangers familiers
Que les vents ont rapprochés
Un polar, au programme
Un retard, mélodrame
Recoller les photos
Regretter tous ses mots
Ce ne sont que deux îles
Qui font leur vie sans elles
L’amour est sans appel
Alors, ainsi soient-ils.
Texte : Benjamin AIR
2015

2015, rien n’a changé
Les prédateurs vénèrent le Veau d’Or
Et le ciel s’embrase encore,
Là où l’on se bat pour la liberté.
Les gens ont les plus beaux enfants
Mais les villes enflent depuis longtemps.
Non, rien n’a changé.
On les voit mourir d’amour ou de faim
Deux attentats, trois publicités
La télé nous prend par la main
Rien n’a changé…
Je me souviens quand il y avait la mer
Croire en un Dieu n’engendrait pas la guerre
Le monde vacille, mais nous gardons l’espoir
Fragile étoile sur un ciel noir
Tout s’oublie, tout se perd
Comme le vent dans le désert
Comprendrais-tu si tu voyais
Le sang de la terre à tes pieds ?
2015, rien n’a changé
Ceux que la différence offense,
Les accidents des vacances,
La façon d’accoucher, celle de parler.
Les plus jeunes ont tué le Père Noël
Leurs aînés rejouent Faust éternel.
Non, rien n’a changé.
Tout le monde dort enfin sous un toit
Il n’y a plus d’inégalités.
La vérité au fond d’un bois ?
Rien n’a changé…
Je me souviens quand il y avait la mer
Croire en un Dieu n’engendrait pas la guerre
Le monde vacille, mais nous gardons l’espoir
Fragile étoile sur un ciel noir
Tout s’oublie, tout se perd
Comme le vent dans le désert
Comprendrais-tu si tu voyais
Le sang de la terre à tes pieds ?
2015, rien n’a changé.
Les herbes qui se courbent sous les roues.
Nos marchés manquent de tout.
Le soleil qui blesse d’hiver en été.
L’Eden est devenu bien trop gris.
Le grand Atlas s’écroule aujourd’hui.
Non, rien n’a changé.
On chante fort quand on a peur le soir.
Le cinéma fait toujours rêver ;
On a tous besoin de croire
Que tout va changer…
Texte : Benjamin AIR
Une petite île

C’est une petite île, dans une mer enchantée
Que le soleil vient dorer toute l’année
Ce paradis, comme un livre d’images
Me fait oublier que nous y avons fait naufrage
Sur le pont supérieur, quand nos yeux se sont croisés
Tu portais cette alliance qui étouffait ton cœur
Je voulais devenir ton ombre, ton sauveur
Te bercer d’un bonheur qui te ferait chavirer
Et là, tu pourrais bien me dire
Si j’ai bien su mentir
Tu pourrais bien me dire
Ces mots que l’on ne dit pas comme ça
Ces mots tout bas
Qui me feront rester près de toi
Celui qui t’aimait en aimait d’autres aussi
Tout en étant le plus fou des jaloux
Mais ne crains rien, ton cauchemar est fini
Tu ne verras jamais plus aucun mari entre nous
Et là, tu pourrais bien me dire
Si j’ai bien su mentir
Tu pourrais bien me dire
Ces mots que l’on ne dit pas comme ça
Ces mots tout bas
Qui me feront rester près de toi
J’en connais un qui doit regretter
De s’être baladé sur un voilier
Lui qui ne savait pas nager
Et là, tu peux enfin me dire
Si j’ai bien lu l’avenir
Tu peux enfin me dire
Ces mots que l’on ne dit pas comme ça
Ces mots tout bas
Qui me feront rester près de toi
Texte : Benjamin AIR