
Par un soir d’été
Je l’avais rencontrée
Elle m’avait accordé un quart d’heure
Derrière son sourire
Et ses yeux couleur saphir
J’ai lu tant de pudeur
Et sans même le comprendre
J’étais déjà dans le tendre
Face aux mystères de son histoire
J’ai bien connu cette belle âme, cette femme
Qui se disait handicapée du cœur
Qui a fait des murs avec ses peurs
Quand la nuit plombe, que le silence pleure
Personne n’entend les larmes du bunker
Elle ne parlait pas
Quand elle saignait tout bas
Jamais elle n’avait appris à le faire
Toujours en action
Comme en représentation
Une bien jolie faussaire
Qui peignait sa vie en bleu
Et respirait beaucoup mieux
Sous le masque de son scaphandre
J’ai bien connu cette belle âme, cette femme
Qui se disait handicapée du cœur
Qui a fait des murs avec ses peurs
Quand la nuit plombe, que le silence pleure
Personne n’entend les larmes du bunker
Quand je suis parti
Une tristesse vert-de-gris
A longtemps recouvert mon chemin
J’aurais voulu voir
Jusqu’à ma fin son regard
Lui demander sa main
Fille du dieu fleuve Pénée
As-tu déjà oublié
Combien je t’ai aimée Daphné ?
J’ai bien connu cette belle âme, cette femme
Qui se disait handicapée du cœur
Qui a fait des murs avec ses peurs
Quand la nuit plombe, que le silence pleure
Personne n’entend les larmes du bunker
Texte : Benjamin AIR