
2015, rien n’a changé
Les prédateurs vénèrent le Veau d’Or
Et le ciel s’embrase encore,
Là où l’on se bat pour la liberté.
Les gens ont les plus beaux enfants
Mais les villes enflent depuis longtemps.
Non, rien n’a changé.
On les voit mourir d’amour ou de faim
Deux attentats, trois publicités
La télé nous prend par la main
Rien n’a changé…
Je me souviens quand il y avait la mer
Croire en un Dieu n’engendrait pas la guerre
Le monde vacille, mais nous gardons l’espoir
Fragile étoile sur un ciel noir
Tout s’oublie, tout se perd
Comme le vent dans le désert
Comprendrais-tu si tu voyais
Le sang de la terre à tes pieds ?
2015, rien n’a changé
Ceux que la différence offense,
Les accidents des vacances,
La façon d’accoucher, celle de parler.
Les plus jeunes ont tué le Père Noël
Leurs aînés rejouent Faust éternel.
Non, rien n’a changé.
Tout le monde dort enfin sous un toit
Il n’y a plus d’inégalités.
La vérité au fond d’un bois ?
Rien n’a changé…
Je me souviens quand il y avait la mer
Croire en un Dieu n’engendrait pas la guerre
Le monde vacille, mais nous gardons l’espoir
Fragile étoile sur un ciel noir
Tout s’oublie, tout se perd
Comme le vent dans le désert
Comprendrais-tu si tu voyais
Le sang de la terre à tes pieds ?
2015, rien n’a changé.
Les herbes qui se courbent sous les roues.
Nos marchés manquent de tout.
Le soleil qui blesse d’hiver en été.
L’Eden est devenu bien trop gris.
Le grand Atlas s’écroule aujourd’hui.
Non, rien n’a changé.
On chante fort quand on a peur le soir.
Le cinéma fait toujours rêver ;
On a tous besoin de croire
Que tout va changer…
Texte : Benjamin AIR